Argent et créativité

Argent et créativité

Notre famille humaine est composée d’environ 7,2 milliards d’individus. La moitié d’entre eux vit avec 3 dollars par jour, c’est-à-dire moins que ce que je paie pour un café gourmet. Plusieurs de ces personnes vivent dans mon village natal, à Chittilancheri, en Inde. Mes deux parents ont grandi dans ce village sans eau courante, sans électricité, et sans faire d’ études supérieures. La situation de ma famille s’ est modifiée en une génération. Mes parents ont travaillé dur pour permettre à leurs quatre enfants d’obtenir des diplômes d’études supérieures. C’était des gens ordinaires.


Notre famille humaine est composée d’environ 7,2 milliards d’individus.
La moitié d’entre eux vit avec 3 dollars par jour, c’est-à-dire moins que ce que je paie pour un café gourmet.

Plus tard, grâce à Oseola McCarty, j’ai découvert une fois encore l’extraordinaire impact que peuvent avoir des gens très ordinaires. Invité par Google, l’ancien président des Etats-Unis Bill Clinton a fait un discours et distribué des exemplaires de son livre intitulé Donner : comment chacun de nous peut changer le monde. Quand j’ai lu qu’ Oseola McCarty avait créé sa propre bourse d’étude à l’Université du Sud Mississippi, j’ai pensé qu’elle devait être une femme très riche. En réalité, Oseola avait dû quitter l’école à douze ans pour s’occuper de sa tante malade et son seul métier pendant les soixante-quinze années qui suivirent fut de laver et repasser les vêtements des autres.
Arrivée à quatre-vingt-sept ans, après avoir économisé toute sa vie, elle demanda à son banquier à combien se montait son compte. Il lui répondit : « Trois-cents mille dollars. » J’imagine qu’elle a dû lui répondre quelque-chose du genre : « Petit, il n’y a pas de centres commerciaux sur la route vers le paradis. Je veux créer une bourse d’étude pour aider les jeunes filles de familles modestes à aller à l’université. »


Comment
quelqu’un de très ordinaire,
comme moi, avec
des ressources limitées,
pourrait-il avoir un impact
extraordinaire sur la vie
d’un autre ?

Lorsque la décision d’ Oseola fut annoncée publiquement, des dirigeants locaux créèrent en son honneur un fond de dotation qui augmenta encore la portée du don qu’elle avait fait. Avant sa mort, quatre ans après, la plus célèbre donatrice de l’Université du Sud Mississippi avait reçu des acclamations et des honneurs, dont la médaille présidentielle des citoyens – la plus haute récompense civile aux Etats-Unis – et elle était docteur honoris causa des universités du Sud Mississippi et de Harvard. Oseola McCarty était une personne ordinaire avec des ressources au départ très limitées. Pourtant son impact sur le monde fut extraordinaire.
Vous êtes-vous déjà demandé si, comme elle, vous pourriez avoir un impact sur la vie des autres ? Je l’ai fait, assis dans un café. L’employé a crié : « Gopi, ton grand frappuccino caramel cannelle chocolat est prêt et il est cent pour cent sans gras. » Je savais que le « cent pour cent sans » ne s’appliquait qu’au gras, et l’idée m’est venue que cette boisson était plus copieuse que ce que les gens que j’avais connus dans mon village de Chittilancheri pouvaient déguster en une seule journée.
Je me suis alors demandé : « Est-ce que je pourrais me passer de quelques cafés et avoir un impact sur le monde ? » La réponse me vint avec Kiva, une organisation basée à San Francisco, qui permet à des gens ordinaires, comme vous et moi, de donner des micro-crédits à des femmes du Tiers Monde qui démarrent une petite activité.
J’ai fait mon premier prêt d’une modique somme de 25 dollars, le jour même, en ligne. Une femme de 54 ans, Ngô Thi Chung, vivant à Trung Gia, un village du Vietnam, qui commençait une entreprise de fournitures agricoles en fut la bénéficiaire. Comme il lui fallait un prêt de 1 200 dollars, je me suis demandé comment mes 25 dollars pourraient l’aider. Mais il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir du nombre ! En quatre heures, plusieurs autres personnes avaient elles aussi fait un prêt modeste et procuré à cette femme entrepreneur les 1 200 dollars dont elle avait besoin. Le mois d’après, j’ai fait un autre prêt à Esther Laboso, une veuve de 46 ans avec cinq enfants, vivant à Kericho au Kenya, pour un magasin de graines. Le mois suivant, c’était un pêcheur au Pérou, puis un tailleur au Pakistan. J’étais devenu accro. C’était bien mieux qu’un grand frappuccino caramel cannelle chocolat.
J’ai récemment repris contact avec des amis de lycée. La charmante Lakshmi, désignée autrefois comme l’élève la plus susceptible de réussir dans notre classe, me demanda : « Gopi, où en es-tu aujourd’hui ? Qu’est-ce que tu fais ? » Et moi, dont on disait que j’allais assurément rejoindre le cirque, je lui répondis : « Je suis un banquier international. Je finance des entreprises partout dans le monde. »
Peut-être que ces histoires vous inspirent, mais vous doutez peut-être que cela puisse s’appliquer à vous.« Comment quelqu’un d’ordinaire comme moi, avec des ressources limitées, pourrait-il avoir un impact extraordinaire sur la vie d’un autre ? » Oui, vous le pouvez, dès aujourd’hui. Je l’ai appris de mes parents, d’Oseola McCarty et à travers mon travail avec Esther Laboso et Ngô This Chung. Comme Clinton le dit dans son livre, « nous avons tous la capacité de faire de grandes choses. » Et nous pouvons les accomplir quelles que soient nos ressources. C’est vrai : les gens ordinaires peuvent avoir un impact extraordinaire.


Gopi Kallayil est responsable du marketing de la marque d’un des plus grands groupes internationaux. C’est pourtant un groupe de femmes issues du peuple et travaillant dur qui lui a montré comment mener une vie épanouissante.

Extrait adapté du livre The Internet to the Inner-Net : Five Ways to Reset your Connection and Live a Conscious Life.

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Comments

  1. je trouve votre blog tres interessant :)

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