Comment être présent ?

Comment être présent ?

ICHAK ADIZES nous raconte comment il a enfin appris à être présent et comment cette
découverte a changé sa vie, ses relations avec ses enfants et sa perception de la nature.

La pensée New Age répétait ce message : « Soyez dans le présent, cessez de ne penser qu’au passé ou à l’avenir, soyez présent.»

Cela rejoignait mes propres expériences. Alors que je développais ma méthodologie et que je la testais auprès de mes clients dans le monde entier, mon esprit était occupé à 100% à penser à l’avenir (aux moyens d’améliorer la méthodologie) ou au passé (diagnostiquer ce qui n’avait pas bien marché et pourquoi).

Mes fils se plaignaient, disant que je n’étais pas avec eux. Cela me choquait: Comment ça ? Moi
qui prenais des avions de partout dans le monde pour revenir auprès d’eux ! Mais ils avaient raison. Mon corps était là, mais non pas ma présence, ma conscience, mon esprit.

Quand mes enfants évoquent quelque chose qui s’est passé entre nous et me demandent si je m’en souviens, j’ai un trou. Non, ce n’est pas un début d’Alzheimer, c’est que je n’étais pas là, tout simplement. Mon esprit était avec un client ou par un problème théorique avec lequel je
me débattais. J’étais là où était mon esprit – et mon esprit n’était pas là.

Ne pas être présent a des répercussions. Sans le présent, il n’y a plus que le passé et l’avenir. Or le passé n’existe plus et l’avenir ne s’est pas encore produit ; lorsqu’on ne vit pas dans le présent, en fait, on ne vit pas. Notre vie consiste à penser à ce qui est advenu ou à imaginer ce qui va advenir, mais la vie, elle, n’advient pas.

Quand on n’est pas présent, la vie passe très vite. Lorsque partout on commence à diffuser des chants de Noël, je m’étonne : « Quoi, une année est déjà passée ? Où étais-je pendant cette année ? » Tout est fou, parce que je n’étais pas là. Mon esprit était ailleurs.

Alors oui, il nous faut être plus présents pour profiter de la vie, parce que vivre dans le passé ou dans le futur, ce n’est pas faire l’expérience de la vie.

Mais comment faire pour être présent? Je me suis débattu avec cette question.

On m’a dit qu’il fallait méditer, que c’est ainsi qu’on devient présent. J’ai essayé au moins une
demi-douzaine de méditations: méditation assise, en marchant, etc. La méditation a empêché mon cerveau de me terroriser, mais elle ne m’a pas rendu présent.

Si vous voulez être vraiment
présent, arrêtez de penser et
ressentez. Sentez ce qui se
passe. Posez-vous la question :
« Comment est-ce que je me
sens ? Face à ce qui arrive
en cet instant, qu’est-ce que
je ressens ? »

Il n’y a pas longtemps, je pense avoir trouvé la réponse : sentir.

Si vous voulez être vraiment présent, arrêtez de penser et ressentez. Sentez ce qui se passe. Posez-vous la question : «Comment est-ce que je me sens? Face à ce qui arrive en cet instant, qu’est-ce que je ressens? »

Plus on ressent, plus on est présent. Sentez ce qui se passe ici et maintenant.

Je me suis exercé à le faire. J’habite près des falaises de Carpinteria. Elles se trouvent le long de la côte, sur un terrain qui a été acheté par la communauté locale et offert à la ville pour qu’elle en fasse une réserve naturelle protégée.

Je vais souvent m’y promener. Dans le passé, mon cerveau n’arrêtait pas de travailler, de faire des heures supplémentaires. Je pensais à mon travail, à mes livres, à mes problèmes familiaux. J’avais l’impression que si je ne pensais pas, je n’existais pas. Mon esprit devait être actif pendant toutes mes heures de veille (probablement aussi durant mon sommeil).

Mais comme je l’ai dit, penser m’éloigne du présent et me transporte dans le passé ou l’avenir. Alors, j’ai tenté de suivre ma nouvelle idée. Sentir. Arrêter de penser et ressentir, là où on est.

Je me suis arrêté et j’ai regardé un arbre. J’ai essayé d’éprouver ce que l’arbre ressentait et ce que je ressentais à son sujet. Et c’était très intéressant. C’était comme si l’arbre me parlait. Chaque branche avait quelque chose à me dire : qu’elle lutte pour être au soleil, qu’elle dépend des racines pour se nourrir, que ses feuillages abritent des oiseaux.

Puis j’ai regardé les nuages. Qu’est-ce que ça donne comme sensation d’être un nuage ?

En m’encourageant à sentir ce que je vois plutôt qu’à penser à ce que je vois,
je suis devenu présent. Je n’étais ni dans le futur ni
dans le passé, j’étais là, dans
l’instant. Dans le présent.

Et pendant un moment, je me suis identifié au nuage. Comme c’est merveilleux de flotter sans
effort loin des reliefs et des obstacles terrestres, en transportant une humidité qui se transformera en pluie et nourrira la terre avec de l’eau vivifiante.

J’ai regardé les fourmis en colonne qui se hâtaient d’aller quelque part.

En m’encourageant à sentir ce que je vois plutôt qu’à penser à ce que je vois, je suis devenu présent. Je n’étais ni dans le futur ni dans le passé, j’étais là, dans l’instant. Dans le présent.

Plus je ressens et moins je pense… et plus ma vie s’allonge.

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