Intégrer la vie spirituelle et matérielle

Intégrer la vie spirituelle et matérielle

Spirit Matters Podcast est un site très fréquenté qui publie un mélange éclectique d’entretiens sur la spiritualité contemporaine. Le 1er juillet dernier, ses animateurs DENNIS RAIMONDI et PHILIP GOLDBERG ont échangé avec Kamlesh Patel, qu’on appelle DAAJI, sur sa vie et la spiritualité, ainsi que sur son nouveau livre, The Heartfulness Way. Voici un deuxième extrait de cette interview, dont la version intégrale (en anglais) se trouve sur https://spiritmatterstalk.com/daaji.

 

DR Je suis en train de consulter votre site web, et je le trouve vraiment magnifique ! Et à voir les HeartSpots, vous êtes vraiment présents partout dans le monde. J’ai une question concernant la méditation : quand vous initiez quelqu’un à la pratique, combien de temps par jour lui conseillez-vous de méditer? Et si on veut aller plus profondément en soi et qu’on se rend dans votre ashram, peut-on méditer longtemps? Quel est l’équilibre idéal, selon vous, entre méditation et activités quotidiennes?

DAAJI Nous recommandons, pour débuter, de méditer 20 à 30 minutes le matin, et de laisser l’effet de la méditation – qui devient un état méditatif – se maintenir dans toutes les activités de la journée.

DR Y a-t-il des consignes, pour cette seconde partie ?

DAAJI Cela se produit très naturellement. Quand on apprécie quelque chose et que l’expérience a été si profonde qu’on en reste imprégné, il n’est pas facile de s’en débarrasser même si on le souhaite, car on ressent un tel calme qu’on cherche à le conserver. Donc je pense qu’il n’y a pas besoin de méthode. Il suffit de s’asseoir pendant 20 à 30 minutes, de savourer cette expérience de méditation, et ensuite de préserver le calme et la paix qui en résultent.

On peut aussi avoir envie de répéter ou peut-être d’intensifier cette expérience. Je vous donne un exemple : je suis en train de travailler à la pharmacie, et soudain quelque chose me trouble ou me contrarie et me fait sortir de mon état méditatif. Alors qu’est-ce que je fais? Je vais aux toilettes, je me recueille en silence pour retrouver cet état, puis je retourne à mon poste. C’est comme lorsqu’on prend la mauvaise sortie en conduisant: on fait demi-tour et on revient sur l’autoroute.

La conscience ne fonctionne pas comme si elle avait de grandes distances à parcourir; on peut instantanément se trouver dans un état de supraconscience, ou dans son état normal, dans lequel on peut interagir. En fait, c’est de cela qu’il s’agit: jouer avec sa conscience. Et c’est merveilleux de pouvoir faire en sorte de ne pas accumuler des impressions.

Je voudrais préciser un peu la notion d’impressions. On les appelle samskaras: ce sont les effets, ou l’impact de nos pensées, de nos attitudes et de nos actions. Imaginons cette scène : vous vous trouvez dans un avion, à la rangée 13 ou 14, et vous regardez les passagers arriver un à un, et les hôtesses en train de servir. Bien que vous soyez tranquillement assis à ne rien faire, vous analysez peut-être les gens: « Cet homme a un visage intéressant.» – « Tiens, celui-là a l’air perturbé et fâché.» Ou encore : « L’hôtesse fait bien son job.» Et vous réagissez à tout cela. « Cette femme a tellement de bagages! Elle ne sait pas voyager léger? » Nous passons tout au crible de ces « j’aime » et « je n’aime pas » dans notre cœur, et cela déclenche en nous des réactions.

« Soyez comme le lotus, qui n’est pas affecté par la boue de l’étang »; elle ne l’atteint pas. En plus de protéger notre conscience, l’art de la méditation a pour but spirituel de l’élargir. Il s’agit non seulement de ne pas se laisser perturber par ce qui nous entoure, mais aussi de favoriser l’expansion de la conscience.

 

Dans le monde des affaires aussi, les décisions que nous prenons, les  choses qui nous touchent, tout passe par le filtre de ce que nous aimons et n’aimons pas: « Ah, si je pouvais avoir ceci ; si seulement je pouvais me débarrasser de cela.» Chacune de ces réactions a un effet sur le cœur, et cela modifie notre conscience. Quand nous sommes très heureux, notre conscience s’élargit de façon naturelle. Lorsque nous sommes en colère ou bouleversés, elle se réduit en quelque sorte à une petite chose compacte. Cela nous contrarie, nous donne parfois des maux de tête et nous coupe l’envie de parler à qui que ce soit. Notre conscience continue à s’agiter, et cela l’affecte. Phil et Dennis, puisque vous connaissez la méditation, vous savez ce qu’on dit: «Soyez comme le lotus, qui n’est pas affecté par la boue de l’étang » ; elle ne l’atteint pas.

En plus de protéger notre conscience, l’art de la méditation a pour but spirituel de l’élargir. Il s’agit non seulement de ne pas se laisser perturber par ce qui nous entoure, mais aussi de favoriser l’expansion de la conscience.

Nous travaillons avec le peu de conscience que nous avons à notre disposition. C’est une fine couche entre un océan de supraconscience au-dessus et un océan de subconscience au-dessous. Donc la conscience dont nous disposons, celle avec laquelle nous jouons habituellement, est une couche très mince. Dans la pratique spirituelle, le but est de permettre à cette fine strate de conscience de prendre son envol dans le ciel du supraconscient et de s’infiltrer dans l’océan du subconscient. Quand on y parvient, on a la maîtrise de sa vie.

C’est une fine couche entre un océan de supraconscience au-dessus et un océan de subconscience au-dessous. Donc la conscience dont nous disposons, celle avec laquelle nous jouons habituellement, est une couche très mince. Dans la pratique spirituelle, le but est de permettre à cette fine strate de conscience de prendre son envol dans le ciel du supraconscient et de s’infiltrer dans l’océan du subconscient. Quand on y parvient, on a la maîtrise de sa vie.

PG Daaji, je voudrais revenir sur la notion de transmission yogique. Nous savons que les formes traditionnelles d’initiation, la deeksha, comprennent souvent une transmission. Nous connaissons le principe du darshan, au cours duquel un être spirituel hautement évolué transmet quelque chose. Quelle est la nature de la transmission, dans la pratique de votre méditation Heartfulness? Se produit-elle aussi lorsqu’on médite seul? Et si oui, de quelle façon ?

 

Une fois qu’une personne est initiée au Heartfulness Way grâce à la transmission, il s’établit une connexion cœur-à- cœur avec la Source, et le chercheur y puise en permanence.

 

DAAJI Oui, absolument, elle se produit tout le temps. Une fois qu’une personne est initiée au Heartfulness Way grâce à la transmission, il s’ établit une connexion cœur-à-cœur avec la Source, et le chercheur y puise en permanence. Quand on a envie de méditer, qu’on ferme les yeux et qu’on se connecte à la Source par une prière, la transmission commence automatiquement à descendre dans le cœur.

PG Je vois. Vous ne parlez donc pas d’une transmission directe d’enseignant à étudiant mais, dans un sens plus large, de la transmission qui provient de la Source spirituelle.

DAAJI Elle provient toujours de la Source spirituelle, même lorsqu’on est avec le guide ou le guru, qui est celui qui la déclenche. La Source se trouve dans notre cœur.

DR D’accord. Daaji, est-ce qu’en plus d’enseigner la méditation, vous-même, ou des membres de votre organisation, formez des enseignants? Dans ce cas, en quoi consiste cette formation ?

DAAJI En fait, c’est très simple. À un certain niveau de conscience, on ne peut pas s’empêcher de commencer à transmettre. Lorsqu’une personne a évolué jusqu’à un certain niveau, ou qu’elle souhaite apprendre l’art de la transmission, elle peut venir dans l’un de nos ashrams et soumettre son projet: « Je voudrais aussi former les autres, et être sûr que les membres de ma famille et de ma communauté bénéficieront des services que je pourrais offrir plus tard.»

La volonté de servir est donc l’exigence minimum. Ensuite, il est de ma responsabilité de former cette personne aux subtilités de la transmission, car on ne peut pas transmettre tant qu’on n’est pas en mesure de faire le cleaning. Ce terme ne signifie pas que l’autre est sale, mais simplement que nous devons enlever de son cœur des éléments indésirables avant de transmettre. En troisième lieu, il faut rendre cette personne capable de relier le chercheur à sa propre Source. Quatrièmement, il faut s’assurer que ce formateur est parvenu à un certain niveau de conscience, c’est-à-dire qu’il doit au moins avoir franchi le chakra Ajna, et donc se trouver dans le Brahmanda Mandal, la région cosmique. J’espère que vous comprenez.

PG Oui, très bien.

DAAJI Donc pour former une personne, on va au-delà du chakra Ajna. Elle est allée au-delà du chakra Muladhara, au-delà de Swadhisthana, au-delà du chakra du cœur et du chakra Atma, au delà des points du feu, de l’eau et de l’air. Au-delà du chakra Ajna, on puise à cette source d’énergie, là où le sankalpa, la capacité suggestive, devient beaucoup plus subtile et raffinée.

PG Très bien. Ainsi Daaji, vous êtes devenu, comment dire, le leader d’un mouvement particulier. Êtes-vous toujours impliqué dans votre entreprise, ou vous consacrez-vous entièrement au Heartfulness Way ?

DAAJI Eh bien, par bonheur, pendant les années où j’étais actif dans le monde des affaires à New York, j’avais une façon peu conventionnelle de procéder. J’avais formé tout mon personnel à gérer la pharmacie comme si elle leur appartenait, si bien que, tôt ou tard, ils devenaient mes partenaires. C’étaient eux qui en fait géraient les affaires. Même les employés étaient capables de mener l’entreprise comme si c’était la leur. Et maintenant ça continue, ils n’ont pas besoin de ma présence. Ils sont littéralement propriétaires de l’entreprise, en tant que partenaires.

DR Nous arrivons au terme de notre entretien, et je tiens à vous remercier de nous avoir consacré ce temps. Phil, avez-vous d’autres questions à poser? ou bien Daaji, voudriez-vous ajouter quelque chose pour nos auditeurs?

DAAJI Eh bien, j’aimerais demander à tous les chercheurs spirituels de tenter au moins une fois l’expérience de cette transmission, et de se faire une opinion par eux-mêmes. Vivez cette expérience, et voyez quelle différence cela peut provoquer dans votre état de conscience. Vous n’avez qu’à vous connecter à un HeartSpot et contacter un formateur pour recevoir cette transmission, et faire la comparaison avec votre expérience de la méditation. Continuez avec votre propre guru spirituel : vous n’avez pas besoin de changer de guru ou de système pour découvrir les bienfaits de cette transmission.

PG Merci d’avoir passé ce moment avec nous. J’espère que nos chemins se croiseront de nouveau, en Inde ou aux États-Unis.

DAAJI Certainement! Je me réjouis de vous revoir un jour.

PG J’espère que cela pourra se faire.

DR Merci beaucoup.

DAAJI Je vous suis très reconnaissant. Merci.

Vous pouvez écouter l’interview complète en anglais sur le site de Spirit Matters
https://soundcloud.com/spirit-matters-talk/daaji-interview
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