Intégrer la vie spirituelle et la vie matérielle 1ère partie

Intégrer la vie spirituelle et la vie matérielle 1ère partie

Spirit Matters Podcast est un site très populaire qui diffuse une grande variété d’entretiens sur la spiritualité contemporaine. Voici une interview que ses présentateurs, DENNIS RAIMONDI et PHILIP GOLDBERG, ont menée avec KAMLESH PATEL le 1er juillet dernier, à propos de sa vie, de la spiritualité et de son nouveau livre, The Heartfulness Way. Nous présentons ici des extraits de l’interview. La version complète est disponible sur le site de Spirit Matters Podcast à l’adresse:  http://spiritmatterstalk.com/daaji.

DR Ici Dennis Raimondi et mon co-animateur Philip Goldberg, auteur de The Life and Times of Yogananda. Nous accueillons notre invité du jour qui se trouve en Inde, Kamlesh Patel, également connu sous le nom de Daaji. Il enseigne la méditation Heartfulness à partir de son expérience personnelle, étant lui-même un fervent étudiant en spiritualité. Il est passé de son travail de pharmacien à celui de chercheur et enseignant spirituel, et nous sommes ravis de nous entretenir avec lui aujourd’hui.

Daaji, merci beaucoup d’avoir pris le temps de participer à cette émission, j’en profite pour mentionner votre dernier livre, The Heartfulness Way.

PG Bienvenue Daaji. Des amis communs nous ont parlé de vous et de votre parcours intéressant. Si vous en disiez quelques mots à nos auditeurs avant que nous parlions de votre nouveau livre et de la méditation Heartfulness? Racontez-nous comment vous êtes arrivé à l’enseignement de la méditation. Vous êtes né en Inde, avez vécu en Amérique et vous êtes pharmacien de métier. Racontez-nous votre histoire.

DAAJI Eh bien, comme vous l’avez dit, je suis né en Inde. J’ai commencé mes études dans mon pays, puis je les ai continuées aux ÉtatsUnis et j’ai obtenu l’autorisation de pratiquer la pharmacie dans l’État de New York et en Californie. J’ai commencé ma carrière à Brooklyn, et avec le temps, en plus de 30 ans, j’ai dû ouvrir près d’une vingtaine de pharmacies.

Je m’engage pleinement envers ceux qui désirent voyager avec nous et partager ce que nous expérimentons. Heartfulness est ouvert à tout chercheur spirituel : s’il est prêt à méditer, c’est la voie qui lui convient. Et la chose la plus extraordinaire qu’on puisse expérimenter avec cette approche de la méditation, c’est la pranahuti ou transmission, qui en est une caractéristique unique.

Ma quête spirituelle a démarré il y a bien longtemps. Nous ne savons pas quand cela commence vraiment, mais disons qu’officiellement mon chemin a débuté en 1976, sous la conduite d’une personne du nom de Ram Chandra. C’est là qu’a véritablement commencé mon voyage spirituel et je l’ai poursuivi après mon arrivée aux États-Unis en 1981. J’ai accordé la même importance à ma pratique spirituelle et au monde des affaires. Les deux étaient entremêlés, et c’est ainsi que cela devrait être. La nature nous a créés avec un but à poursuivre, pas pour fuir la réalité. J’ai donc pris les deux choses comme un défi – les affaires aussi bien que le monde spirituel – et je me suis efforcé de faire de mon mieux dans chacun de ces domaines.

Voilà donc qui je suis – encore et toujours un chercheur spirituel. Dans cette voie, je m’engage pleinement envers ceux qui désirent voyager avec nous et partager ce que nous expérimentons. Heartfulness est ouvert à tout chercheur spirituel : s’il est prêt à méditer, c’est la voie qui lui convient. Et la chose la plus extraordinaire qu’on expérimente avec cette approche de la méditation, c’est la pranahuti ou transmission, qui en est une caractéristique unique.

Phil, j’ai entendu parler de vous par un ami et par une autre personne qui m’a transmis quelques-unes de vos vidéos. En vous écoutant, je suis frappé par vos références directes et indirectes à Yogananda. Je suis très heureux que vous ayez rencontré la méditation.

DR Daaji, je me pose une question. Vous étiez de toute évidence un bon étudiant et un homme d’affaires accompli. Vous avez fait des études de pharmacie – c’est de la science – et vous avez eu beaucoup de succès dans vos entreprises. Cela vous a-t-il surpris, cela a-t-il surpris votre famille quand vous avez décidé de quitter les affaires pour l’enseignement spirituel? Y a-t-il eu un événement déclencheur dans votre vie ?

DAAJI Pas vraiment. Ma famille n’a pas été surprise, parce que mon entreprise a continué à fonctionner en parallèle. Et si aujourd’hui je forme les gens à partir d’un autre niveau, pendant que j’étais en activité, j’enseignais aussi la méditation. Par exemple, quand un patient venait me voir pour des médicaments, on bavardait. J’encourageais tout le monde à méditer. J’avais un panneau «Apprenez à méditer » à l’extérieur de ma pharmacie, et même avant d’occuper ma fonction actuelle, j’enseignais la méditation à ceux qui étaient intéressés. Souvent, je fermais la pharmacie pour méditer avec ceux qui le désiraient. C’est ainsi que ça se passait. Donc personne n’a été surpris lorsque cette responsabilité plus importante m’a été confiée, parce que nous ne dissocions pas la vie de famille et la vie spirituelle – elles vont de pair.

PG Quand j’ai grandi à Brooklyn, il n’y avait pas de pharmacies avec des panneaux de méditation à l’extérieur! Aujourd’hui, la plupart de nos auditeurs connaissent la méditation, voire méditent depuis longtemps sous une forme ou sous une autre. Ils seront donc curieux de savoir ce qui différencie la méthode Heartfulness. Pouvez-vous nous en dire plus?

Vous pouvez très bien fermer les yeux et méditer sans transmission yogique. Mais au moment où je transmets, vous sentez instantanément l’effet sur votre méditation. En une demi-heure vous découvrez que méditer avec ou sans transmission, ce sont deux choses bien différentes.

DAAJI Bien sûr. Notre technique de méditation n’est pas très différente des autres, nous nous asseyons, fermons les yeux et nous absorbons dans la lumière du cœur. Mais ce qui distingue notre méthode est la pranahuti. C’est un mot sanskrit qui se traduit approximativement par « transmission yogique ». Celle-ci s’écoule d’un cœur vers un autre, avec une intention, un sankalpa, une détermination. Vous pouvez très bien fermer les yeux et méditer sans transmission yogique. Mais au moment où je transmets, vous sentez instantanément l’effet sur votre méditation. En une demi-heure vous découvrez que méditer avec ou sans transmission, ce sont deux choses bien différentes.

Cette technique de transmission n’est pas une invention, elle était déjà connue en Inde il y a près de 10 000 ans. Le premier guide de notre système, Ram Chandra, qui est né en 1873 dans le nord de l’Inde, en a pris connaissance en quelque sorte dans un état de supraconscience, et il a pensé : «Mais c’est très simple ! Je peux le faire ! » Il a donc commencé à offrir son enseignement aux gens des environs et la nouvelle s’est peu à peu répandue : « Cet homme a vraiment des pouvoirs yogiques remarquables! Grâce à cette pranahuti il est capable de mettre instantanément les gens en samadhi. » Et son nom s’est diffusé peu à peu dans toute sa province.

Puis celui qui lui a succédé – il s’appelait également Ram Chandra – a fait connaître cette méthode dans le monde entier. Son successeur a poursuivi ce développement et la tradition se perpétue. Il n’y a pas eu de changement notable depuis les origines, on continue d’offrir la méditation de la même façon, avec la transmission. Bien sûr, il y a maintenant d’autres moyens de la proposer. Auparavant, on était initié individuellement. Aujourd’hui nous n’avons plus le temps d’initier une personne à la fois, et lorsque je me rends par exemple dans une université où des milliers de personnes attendent d’être initiées à la méditation, je ne peux pas passer une demi-heure avec chacune. Cela se fait donc pour toutes en même temps. Le monde est aussi devenu plus petit : si quelqu’un dans un coin perdu du Canada s’intéresse à la méditation et qu’il n’y a pas de formateur sur place, il utilise une petite appli ou prend contact par mail ou internet avec un formateur Heartfulness, et il est initié à distance. On ressent aussi la transmission de cette façon.

DR À combien de personnes par mois enseignez-vous généralement ?

DAAJI Eh bien, nous avons actuellement plus d’un million de chercheurs dans le monde. Personnellement, je forme environ 5000 personnes par semaine.

DR Impressionnant!

À l’ashram, les gens viennent nombreux. Il n’y a pas beaucoup de discours, c’est surtout une expérience spirituelle que nous partageons. Nous sommes tous assis les yeux fermés, je transmets, nous méditons ensemble et nous voyons et ressentons la différence, les effets de la transmission, et ce processus nous transforme.

PG Et maintenant vous utilisez des méthodes high-tech pour transmettre ?

DAAJI Nous avons cette application dont je parlais, qui s’appelle Let’s Meditate. Les gens envoient leur demande et, grâce à un formateur, ils reçoivent la transmission par ce moyen. À l’ashram, les gens viennent nombreux. Il n’y a pas beaucoup de discours, c’est surtout une expérience spirituelle que nous partageons. Nous sommes tous assis les yeux fermés, je transmets, nous méditons ensemble et nous voyons et ressentons la différence, les effets de la transmission, et ce processus nous transforme.

PG Cet ashram se trouve près d’Hyderabad. Vous pourriez peut-être mentionner son nom, pour ceux qui nous écoutent en Inde.

DAAJI Il s’appelle Kanha Shanti Vanam. En fait, nous avons plus de 1000 centres Heartfulness en Inde et environ 1000 dans le reste du monde. Nous les appelons HeartSpots. Vous pouvez vous connecter à www.heartfulness.org et demander: « Je suis à New York, quel est le HeartSpot le plus proche où je pourrais trouver un formateur et aller méditer? »

PG J’ai encore une question au sujet de l’appellation Heartfulness. Avezvous délibérément choisi ce nom en réplique au terme très en vogue Mindfulness, ou lui est-il antérieur?

DAAJI Eh bien, cela date d’avant, d’il y a très longtemps. Le terme Mindfulness, si je ne me trompe pas, a commencé d’être mondialement connu en 1995 ou 96. Notre système date de 1873, et c’est en 1945 qu’il a été officialisé et légalement enregistré en tant que société en Inde.

PG Sous le nom Heartfulness?

DAAJI Non, à l’origine l’organisation s’est appelée Shri Ram Chandra Mission, mais notre méditation, comme je l’ai dit, est centrée sur le cœur. Officiellement, le terme Heartfulness a été créé en 2003, et nous l’avons adopté parce que c’est un très beau nom, qui exprime tout ce qui nous anime : « Faites-le avec le cœur ». Et il n’y a pas la moindre idée de rivaliser avec Mindfulness. L’antagonisme, dirigé par l’ego, n’est pas une bonne chose ; l’intégration est bien préférable.

PG Absolument.

À suivre.

Vous pouvez écouter l’interview complète en anglais sur le site de Spirit Matters https://soundcloud.com/spirit-matters-talk/ daaji-interview

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