La vie dans la vie

la vie dans la vie


KAMLESH D. PATEL explore dans cet article une autre facette de l’évolution de la conscience. Il parle de l’amour, de la transmission et du besoin de connexion et de communion tout au long de notre voyage. Responsable international de Heartfulness, Kamlesh D. Patel est un guide spirituel moderne qui incarne cette rare fusion du coeur oriental et de l’esprit occidental. Il a la capacité d’être profondément connecté à son coeur, centre de son existence, tout en poursuivant des recherches scientifiques novatrices dans le domaine de la méditation, de la spiritualité et de l’évolution humaine.

Qu’est-ce que chacun désire plus que tout au monde ? Les recherches sur le sujet donnent de nombreuses réponses : le bonheur, la paix, la confiance, la reconnaissance, la liberté, l’argent, etc. Mais l’essentiel reste l’amour. L’amour est le centre de la vie. La poésie, la musique, l’art, les films sont pour la plupart créés au nom de l’amour. On dit que Dieu est amour, que l’amour peut tout vaincre, etc. Tous les grands mystiques ont insisté sur l’importance de l’amour. Tous les grands saints ont aimé Dieu et ont aimé l’humanité. Et si Bouddha n’a pas parlé d’amour, il dit dans l’une de ses plus célèbres déclarations qu’il reviendra encore et encore, jusqu’à ce que tous les humains soient libérés. N’est-ce pas de l’amour ?

Dans notre série d’articles sur la conscience, nous nous sommes concentré sur l’évolution de celle-ci et des autres corps subtils qui s’obtient par une pratique spirituelle. Or, en quoi l’amour relève-t-il de la science de la spiritualité ?

En fait seul l’amour est capable de nous propulser au terme de ce voyage d’expansion de la conscience qui comporte tant de hauts et de bas…

Il est vital de le saisir, car en fait seul l’amour est capable de nous propulser au terme de ce voyage d’expansion de la conscience qui comporte tant de hauts et de bas… Il est vrai qu’ on peut parcourir une partie du chemin sans amour, avec le seul désir de progresser individuellement, mais même dans ce cas, il faut être suffisamment motivé pour s’engager dans ce processus. Or pour atteindre l’état de calme intérieur, pour rencontrer le centre de notre être, l’amour est essentiel. L’amour aplanit le chemin.

Comparons cela à une situation courante de la vie, le mariage. Qu’arrive-t-il dans un mariage où il n’y a pas d’affection et d’amour pour l’autre ? Est-ce facile, sans amour, d’accepter les faiblesses et les habitudes bizarres d’un proche, dans un espace restreint ? A l’inverse, que se passe-t-il quand nous aimons ? Même les défauts de l’autre nous paraissent adorables. On accepte tellement plus de choses, quand il y a de l’amour. Il adoucit notre cheminement et surmonte aisément les obstacles.

Dans un mariage ou un partenariat, l’amour tisse des liens et mène finalement à la communion et à l’unité. On est profondément intéressé par le bien-être de l’autre. On le fait passer en premier, on s’intéresse à ce qu’il ressent, à ce qu’il lui arrive, on le soutient de toutes les façons. On éprouve ses sentiments et on connaît ses pensées. Chacun termine les phrases de l’autre et répond immédiatement à ses besoins. Vous avez certainement rencontré un de ces vieux couples qui ont passé toute leur vie ensemble et ont à ce point fusionné qu’ils se comprennent sans dire un mot.

Chez la mère, l’état de connexion et de communion va encore plus profond ; on pourrait dire que la relation de la mère à l’enfant se définit par le don. C’est la quintessence de la maternité. Pour les mères, il n’y a jamais de sacrifice, quand il s’agit de leurs enfants – que ce soit leur donner naissance, rester la nuit entière au chevet d’un petit malade ou aimer un adolescent rebelle et désobéissant. Pour une mère il est tout naturel d’aimer.

L’ amour est connexion. Il crée l’empathie, la compassion et il nous sensibilise aux besoins les plus profonds de l’autre. Dans ces moments-là, tout ce que nous avons coule de notre coeur dans le Coeur de l’autre, naturellement, sans qu’il soit nécessaire de faire quoi que ce soit.

Nous n’avons pas besoin de chercher bien loin pour savoir que l’amour nous ouvre le coeur. Même au degré le plus humain, on saisit immédiatement ce que signifie tomber amoureux ou aimer son nouveau-né. On voit le monde en rose et on dégage une vitalité et un éclat qui ne trompent pas.

Le coeur a une propriété très intéressante : dans son état le plus pur, c’est un univers infini de potentialités. Plus il s’ouvre à des niveaux profonds, grâce à la pratique spirituelle, plus son champ, le spectre de la conscience, s’élargit, et plus nous sommes conscients de notre connexion avec le coeur des autres. Un coeur pur ressent sa connexion avec tous les autres coeurs. L’amour peut créer un vide dans le coeur, et ce vide va générer un courant qui coule à flots de coeur à coeur.

Ramenons cela au voyage spirituel de l’expansion de la conscience. Que se passe-t-il si notre pratique est mécanique, routinière et sèche ? Elle se compare à une relation froide et sans amour. On n’y trouve aucune étincelle, aucun intérêt, il n’y a pas de communion, donc pas d’expansion. Au lieu de ça, on résiste, la pratique est dirigée par l’ego, exactement comme dans une relation sans amour. Quand l’intérêt est au rendez-vous, la pratique spirituelle devient vivante, on y trouve de l’émerveillement, des expériences, une ouverture et de la magie à chaque instant.

Dans le monde d’aujourd’hui on nous offre un énorme soutien pour insuffler de l’intérêt à notre pratique spirituelle. Comment ? A l’aide de la transmission yogique. La transmission est l’amour le plus sublime, le plus subtil. Elle vient de la Source, elle est donc l’amour le plus pur qui soit. Lorsque le coeur s’ouvre à l’amour, le courant de la transmission nous nourrit de l’intérieur, comme l’amour d’une mère nourrit son enfant. Alors que la transmission n’a aucune qualité en soi, elle dissout les barrières et élimine les séparations. Elle transmute les formes les plus grossières en états subtils. Elle défait les noeuds de nos existences enchevêtrées, ouvrant ainsi la voie à la joie et à la félicité. La transmission est le catalyseur par excellence.

D’où vient la transmission, ce puissant amour qui nous cherche au coeur de notre être ? Elle est toujours présente, elle est infinie dans sa nature et sa portée. Elle est là, dans la trame même de l’existence, c’est la force sans force la plus subtile qui soit émanant de la Source.

Savoir qu’elle existe est une chose ; avoir la capacité de l’utiliser pour l’expansion de la conscience et l’évolution spirituelle des autres, c’en est une tout autre. Cela exige une relation particulière avec la Source même. Tel est justement le rôle d’un guide spirituel d’un haut niveau. Car il a la capacité de transmettre à nos coeurs cette essence très subtile pour que l’expansion de la conscience puisse se faire grâce à la pureté du véritable amour.

Le guide, ou guru, est comme une mère, il nous fait naître à une dimension supérieure de l’existence et nous emplit d’un amour qui dépasse l’entendement. C’est peut-être ce que signifiaient ces mots de Vivekananda : « Le guru est le masque lumineux que porte Dieu pour venir à nous. Lorsque nous le regardons avec constance, le masque s’efface peu à peu et Dieu apparaît. »

La transmission apporte la vie dans la vie. Elle nourrit le coeur, la toile de la conscience sur laquelle évoluent les corps subtils du mental. Nous nous développons, nous nous épanouissons, si bien que notre conscience atteint finalement son plus haut potentiel, l’unité totale. Et notre vie prend alors un sens que l’on ne trouve, sinon, que dans les rêves.

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