Le thé

Le thé

Etonnantes plantes médicinales

Nous vous proposons une série d’articles sur des plantes médicinales de tous les continents. Nous commençons par le thé.

Nom botanique

Genre: Camellia Espèce: sinensis

Noms communs

Thé, thé noir, thé vert, thé oolong, thé jaune, thé blanc, kukicha, bancha, senchu, gyokura, matcha, chai.

Habitat

Probablement originaire de l’ouest de la Chine, le thé est cultivé depuis des siècles, d’abord en Chine, puis en altitude dans le sud tropical asiatique. Ces dernières années, on en a aussi produit dans beaucoup d’autres régions du monde au climat doux et humide. Le thé de l’Assam, la variété assamica, est apparu spontané- ment en Asie tropicale et subtropicale du Sud-Est, et on le cultive intensivement en Inde et au Sri Lanka.
Les semis et les jeunes plants doivent être mis à l’ombre, alors que par la suite leur croissance est favorisée par une exposition en plein soleil. Les conditions optimales se trouvent dans un climat frais, mais où il ne gèle pas. Les thés de grande qualité sont souvent cultivés en altitude, jusqu’à 2000 mètres, ce qui, en ralentissant leur croissance, leur confère plus de saveur.

Mythologie et histoire

Selon la légende, un jour en 2737 av. J.-C, l’empereur chinois Shen Nung était assis sous un arbre, pendant que son serviteur faisait bouillir de l’eau. Soudain quelques feuilles d’un arbuste voisin tombèrent dans l’eau. Shen Nung était un herboriste chevronné, et il décida de tester l’infusion involontairement créée par son serviteur. On appela l’arbre camellia sinensis, et la boisson qu’il goûta fut connue sous le nom de thé.

L’habitude de boire du thé était répandue en Chine plusieurs siècles avant qu’elle ne gagne le reste du monde, comme l’attestent des récipients à thé trouvés dans des tombes de la dynastie Han (206 av. J.-C.–220 apr. J.-C.). Pendant la dynastie Tang (618–906 apr. J.-C.), le thé devint la boisson nationale de la Chine, et à la fin du 8e siècle Lu Yu écrivit le premier livre
entièrement consacré au thé, le classique Ch’a Ching.
Peu après, le thé fut introduit au Japon par des moines bouddhistes japonais qui avaient étudié en Chine. Boire du thé devint une composante essentielle de la culture japonaise, où se développa la cérémonie du thé, qui est similaire à certains des rituels décrits dans le Ch’a Ching.

C’est dans la deuxième moitié du 6e siècle que l’on commence à entendre parler de l’habitude de boire du thé en Europe, principalement à l’est du Portugal. Les premières importations de thé ne furent cependant pas le fait des Portugais, mais celui des Hollandais, qui créèrent un comptoir commercial sur l’île de Java. Le premier arrivage de thé venant de Chine parvint par bateau aux Pays-Bas en 1606. Le thé y devint rapidement une boisson à la mode, qui gagna
ensuite d’autres pays d’Europe occidentale, où elle était réservée aux gens fortunés.

Il est fait pour la première fois mention du thé en Grande-Bretagne dans un journal londonien de septembre 1658, annonçant une vente de thé dans un magasin de café de Sweeting’s Rents à Londres. Et c’est la femme de Charles II, Catherine de Bragance, une princesse portugaise fervente amatrice de thé, qui instaura la mode de cette boisson dans les classes aisées. La Compagnie britannique des Indes orientales commença à importer du thé en Grande Bretagne
en 1664.

Le thé y devint une boisson populaire dans les classes supérieures, mais du fait de lourdes taxes, il coûtait trop cher pour que la classe ouvrière y ait accès, ce qui donna lieu à beaucoup de contrebande et de frelatage. Au 18e siècle la contrebande était endémique, aussi répandue que celle de l’alcool pendant la Prohibition aux États-Unis dans les années 1920. En 1784 le gouvernement comprit qu’il fallait la faire cesser et supprima les taxes. Le thé légal fut alors
soudain à la portée de tous.

A l’origine, le thé provenait entièrement de Chine, mais dans les années 1830 la Compagnie des Indes orientales commença à le cultiver en Inde, tout d’abord dans l’Assam. Ce fut un grand succès, la production se développa, et en 1888 les importations indiennes en Grande-Bretagne devinrent plus importantes que les chinoises.
C’est dans les années 1920 que la popularité du thé commença en Inde, après que le gouvernement et le Tea Board of India en eurent fait la promotion dans les gares. Actuellement, l’Inde est l’un des plus gros producteurs et consommateurs de thé au monde.

Le développement de la production dans les années 1830 inaugura l’ère des clippers de thé. Des marchands indépendants et des capitaines de vaisseaux rivalisaient pour apporter du thé en Occident, en utilisant de nouveaux clippers rapides aux lignes pures, munis de grands mâts et d’immenses voiles. Il y avait en particulier une compétition entre les marchands anglais et américains, ce qui mena aux célèbres courses de clippers des années 1860. Celles-ci prirent fin avec l’ouverture du canal de Suez qui, pour la première fois, permit aux bateaux à vapeur d’emprunter des voies commerciales.

En 1901, le thé était devenu une habitude bien établie qui faisait partie du mode de vie anglais.
Aujourd’hui encore, les compagnies britanniques jouent un rôle majeur dans le commerce mondial du thé, et les marques de thé anglaises dominent toujours le marché. Ces vingt dernières années on a vu une recrudescence des maisons et des salons de thé, en même temps qu’une croissance massive de la culture du thé dans le monde entier.

Description

Arbuste ou petit arbre vert, à feuilles persistantes, doté d’une grosse racine. Les fleurs sont d’un blanc jaunâtre, comportent 7 ou 8 pétales et produisent une baie. À maturité, les feuilles sont assez grandes, mais on préfère récolter les jeunes feuilles. Les divers âges des feuilles produisent des qualités de thé différentes, du fait des variations de la composition chimique, les plus jeunes étant les plus puissantes. Le génome du thé a environ trois milliards de paires de bases, ce qui est davantage que la plupart des plantes séquencées à ce jour.

Parties de la plante utilisées

Jeunes feuilles, fleurs, rameaux.

Facultés thérapeutiques

Depuis longtemps le thé est connu pour sa faculté de calmer l’esprit, de chasser la paresse et de revigorer le corps. Des recherches scientifiques récentes montrent ses nombreux avantages pour la santé :

Il renforce l’endurance, car les antioxydants du thé accroissent la capacité du corps à brûler les graisses.

Il réduit les risques de crise cardiaque et protège des maladies cardiovasculaires, si on le boit sans lait. Il peut améliorer la proportion des cholestérols HDL et LDL.

Il est riche en catéchine et en polyphénols, en particulier en gallates d’épigallocatéchine (EGCG).

C’est un puissant antioxydant qui peut réduire le risque de cancer et inhiber la croissance des cellules cancéreuses sans porter atteinte aux cellules saines.
Le thé vert peut améliorer la densité osseuse et apporter de l’aide dans les cas de maladies neurologiques dégénératives.

Les polyphénols du thé vert peuvent aussi aider à maintenir la santé du cerveau.
Le thé contient de la fluorine naturelle et de la catéchine, des glucosyl-transférases qui réduisent la calvitie et détruisent les bactéries cariogénétiques à l’origine de la plaque dentaire et les bactéries de la bouche qui provoquent une mauvaise haleine.
Il agit comme agent stérilisateur de nombreuses bactéries qui causent des intoxications alimentaires, sans nuire aux bactéries utiles au bon fonctionnement du transit intestinal.

Ecologie actuelle

S’étendant des climats tempérés chauds au climat tropical, les plantes de thé supportent des précipitations allant de 70 à 310 cm, bien que 120 cm ou plus leur conviennent le mieux, des températures de 10 à 30 degrés et un pH du sol de 4,5 à 7,3. Malgré ses feuilles persistantes, le thé ne supporte pas le gel, même si quelques variétés chinoises tolèrent des climats plus froids. Il prospère dans les terres rouges tropicales et dans les sols acides bien drainés en profondeur, idéalement sur une pente de 0,5 à 10 degrés, et jusqu’à 2000 mètres d’altitude.
Du fait de son habitat particulier, le thé n’est cultivé que dans quelques régions du monde, et il est très sensible aux changements. Malheureusement, les conditions idéales pour sa culture sont mises en danger par le changement climatique, et sa répartition pourrait changer de façon importante.

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