Lieux transformateurs : Sanctuaires sauvages

Lieux transformateurs : Sanctuaires sauvages

Membre de la Royal Geographical Society et auteur de trois livres à succès, dont Sacred Mountains : Ancient Wisdom and Modern Meanings, le Dr Adrian COOPER est fasciné depuis sa plus tendre enfance par la faune sauvage et sa conservation. Il raconte ici quelques expériences de pèlerins voyageant dans des milieux sauvages, et comment cela les aide à grandir naturellement.

 

Les contrées sauvages nourrissent l’imaginaire humain depuis la nuit des temps. Et aujourd’hui, les montagnes, les forêts, les mangroves et autres lieux naturels difficiles d’accès sont des buts de pèlerinage pour un nombre croissant de chercheurs spirituels du monde entier. Alors que des destinations traditionnelles, comme Rome ou Jérusalem, ne satisfont pas toujours les pèlerins en quête d’un refuge et de solitude, les montagnes et les forêts souvent les leur procurent, généreusement, en abondance… et avec bien des surprises en cours de route.

On considère traditionnellement les sanctuaires comme des lieux de réflexion, de méditation et de prière. En ce qui concerne les milieux naturels reculés, cela n’en constitue qu’un aspect. Par exemple, sur un flanc de montagne ou dans une forêt profonde, les pèlerins découvrent que la connaissance rationnelle de leur nouveau sanctuaire ne suffit pas, et de loin – il leur faut développer une autre approche, explorer une nouvelle façon de le connaître.

Alors que l’humanité cherche son chemin dans ce nouveau millénaire déroutant, le plus grand défi que doit relever chacun de nous est de trouver les moyens de se réconcilier spirituellement avec les inspirations sacrées des derniers environnements sauvages de la planète.

Ainsi Harriot, une enseignante de Seattle, dans l’État de Washington, va le plus souvent dénicher ses sanctuaires sauvages sur le mont McKinley, parfois désigné par son nom amérindien de Denali. C’est le plus haut sommet d’Amérique du Nord et l’une des montagnes les plus isolées de la terre : « J’adore faire de la randonnée sur le Denali… Je peux vous dire que c’est pour moi le seul véritable sanctuaire.

C’est là-bas que je me rends pour y vivre mes méditations les plus profondes; je peux y prier comme nulle part ailleurs. Et je sens que, dans ces espaces, je peux grandir de la façon la plus organique et naturelle.»

George, un concepteur de logiciels de Londres, au Royaume-Uni, vit une expérience très similaire : « Les Highlands écossais représentent pour moi un véritable refuge. Marcher dans ces paysages m’éloigne physiquement et émotionnellement de tous les tracas et de l’hypocrisie de la vie moderne. Là-bas, je peux respirer et me régénérer. C’est un sanctuaire dont j’ai essentiellement besoin au plus profond de mon âme.»

Il y a aussi des moments où les pèlerins concilient leur recherche spirituelle avec une quête scientifique personnelle pour comprendre les écosystèmes locaux et les intégrer dans leur pèlerinage. Cette sorte de réconciliation entre les aspects spirituel et scientifique des sanctuaires sauvages est clairement décrite par Lucille, une artiste de Rouen, en France : «Pour moi, et pour beaucoup de membres de ma famille et d’amis, il ne peut y avoir de limite à la croissance spirituelle. Nous devons constamment grandir de toutes les façons possibles. J’adore étudier la faune. Je tiens un journal qui réunit mes expériences mystiques, les notes que je prends en comptant les oiseaux et mes croquis d’herbes et d’autres plantes.»

Voilà la diversité d’expériences que les environnements sauvages peuvent nous offrir. En explorant ces sanctuaires, les pèlerins font des rencontres avec eux-mêmes qui changent leur vie. C’est dans ces lieux privilégiés que ces individus hors norme ont appris à se hisser au-dessus de ce qu’ils étaient avant d’entamer leur voyage.

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