L’impermanence du bonheur

L'impermanence du bonheur

Le Dr ICHAK ADIZES questionne l’idée d’un bonheur constant, car la vie, on le sait, nous confronte sans cesse à des changements qui nous obligent à prendre des décisions parfois douloureuses. Il nous propose de trouver un équilibre entre la peur et la foi, et de modérer nos attentes.

Nous voulons tous être heureux. Qui songerait à dire le contraire ? La recherche du bonheur est même un droit constitutionnel aux États-Unis. Mais en réalité nous sommes loin d’être toujours heureux. Nous sommes souvent malheureux et angoissés.

Je soutiens que le bonheur permanent n’est pas naturel. Il est bien plus probable que la douleur le soit. Je m’explique.

Quand un changement se produit dans la vie, quelle que soit sa nature, que se passe-t-il? Il annonce quelque chose de nouveau. Et l’on doit décider comment réagir à cette «nouveauté ». Devrait on laisser faire ou faire quelque chose? Si l’on décide de faire, on aura sans doute à choisir entre plusieurs options.

Faire un choix, y compris décider de ne rien faire, est un processus de gestion de l’incertitude. On n’est pas sûr de ce que sera la bonne décision. Par définition, tant que le nouvel événement n’a pas encore eu lieu, on ne dispose pas de toutes les informations. On ne les aura qu’après coup.

Quand on met une décision en œuvre, on prend le risque que les choses ne se déroulent pas comme on l’avait prévu.

On va devoir dépenser de l’énergie, ce qui dans des situations difficiles peut s’avérer épuisant. Choisir de prendre une décision est souvent pénible en soi. Je ne veux pas dire douloureux physiquement, mais douloureux émotionnellement et intellectuellement.

Et quand on met une décision en œuvre, quelle qu’elle soit, on prend le risque que les choses ne se déroulent pas comme on l’avait prévu. Prendre des risques est également éprouvant. La souffrance provient partiellement d’un état de conflit. Pas nécessairement avec d’autres personnes. Plutôt à l’intérieur de nous. Une part de nous est progressiste ; une autre est conservatrice. Je soupçonne les progressistes d’avoir comme point de départ la foi, ils sont donc réformistes dans leurs choix. Les conservateurs ont comme point de départ la peur, raison pour laquelle ils sont conservateurs. Et la dichotomie que l’on vit dans sa tête est un conflit entre la peur et la foi. Ainsi, peser le pour et le contre avant une décision consomme de l’énergie mentale. D’où la tourmente de ces nuits blanches et l’angoisse – pouvant dans certaines situations cruciales tourner à la panique – qui accompagne nos prises de décision.

Ce genre de souffrances est inévitable parce que le changement est inévitable. On peut échapper à la douleur en évitant le changement, ou en partant méditer dans une grotte de l’Himalaya pour le restant de sa vie. Ou en se rendant insensible au monde dans  lequel on vit. Mais plus on est ambitieux, plus on a d’exigences envers soi-même et envers les autres. Plus on accueille les changements dans sa vie, plus on a de probabilités de souffrir.

Si votre but est d’être heureux – même en sachant qu’on ne peut pas l’être tout le temps – ralentissez. Ayez moins d’attentes, moins de désirs, recherchez un sage équilibre entre la peur et la foi. Appréciez ce que vous avez et laissez le reste à Dieu.

Hummmmmm. Je devrais relire attentivement ce que je viens d’écrire…

J’y réfléchis.

Publié avec l’autorisation de l’auteur

http://www.ichakadizes.com/the-inevitability-of-pain
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