La science de la spiritualité : marcher vers la liberté

La science de la spiritualité : marcher vers la liberté
KAMLESH PATEL continue à nous parler du voyage ultime vers la liberté. Il aborde
maintenant un domaine d’expériences entièrement nouveau et nous emmène sur le chemin le moins fréquenté.

Dans la première partie nous avons exploré l’évolution de la conscience à travers les chakras de la région du cœur, ceux qui correspondent à notre existence physique sur terre. Une fois que nous avons maîtrisé ces cinq chakras, nous continuons notre route, et l’expansion de notre conscience se poursuit dans la région du mental, qu’on appelle aussi la région du Supra Mental de Dieu.
Mais on ne peut y entrer qu’à une condition: il nous faut d’abord incarner la générosité du cœur qui se fait jour lorsque nous le purifions et que nous maîtrisons les émotions de la vie d’ici-bas.

Dans cette nouvelle région, nous faisons l’expérience d’un niveau de liberté différent: nous sommes délivrés du cycle de la naissance et de la mort. Autrement dit, nous avons dépassé la nécessité de nous réincarner. C’est ce qu’on appelle généralement la libération. Notre conscience est libre de s’élever de façon tout à fait nouvelle, en fait nous allons au-delà de la conscience, pour rejoindre la potentialité qui crée la conscience. L’âme a accompli son premier grand rite de passage sur le chemin qui la ramène à la Source.

Continuons notre voyage et voyons où il nous mène. Ce nouveau règne du mental se trouve au-delà des dualités, dwandas, de l’existence physique, et pourtant il est toujours là, derrière tout ce que nous faisons dans la vie quotidienne. Nous poursuivons le voyage en entrant dans la région cosmique, appelée aussi Brahmanda Mandal et Virat Desh, qui commence au chakra 6, entre les sourcils. C’est une région si vaste que normalement des milliers d’années ne suffiraient pas à la traverser. Et que dire de sa splendeur ! Arrivés là, nous ressentons la sainteté, la piété, et devenons conscients de chaque pouvoir qui s’y trouve.

La région cosmique est le réservoir de l’inépuisable énergie qui fournit sa force au plan terrestre et maintient la vie. Quand nous parcourons cette région, tout notre être est traversé par une immense énergie, pareille à celle de l’électricité. Nous nous sentons électrifiés.

Nous trouvons là un mouvement fait d’expansion et de contraction, à la fois multidirectionnel et multidimensionnel. Notre esprit s’étend et nous développons la faculté de l’illimité. L’expansion de notre conscience se fait à 360 degrés. Elle se poursuit jusqu’à ce que nous réalisions qu’elle recouvre tout l’univers. Et celui-ci nous paraît trop petit lorsque notre expansion intérieure atteint sa dimension.

shakra-heartfulnessC’est à cette étape de notre voyage que le rôle du Guide prend toute son importance. Comment en effet une âme libérée, une âme purifiée, pourrait-elle demeurer dans un corps, si ce corps n’est pas purifié lui aussi? Le Guide nous aide à purifier chaque cellule. Comment cela se passe-t-il ? C’est une expérience à vivre, et j’espère que vous allez tous pratiquer et le découvrir par vous-mêmes.

La région cosmique est le réservoir de l’inépuisable énergie qui fournit sa force au plan terrestre et maintient la vie.

Dans la région cosmique se trouvent les chakras 6 et 7, et la première moitié du chakra 8. Les chakras 6 et 7 sont presque entrelacés, en forme de 8, le cercle inférieur (le chakra 6) étant plus petit que le supérieur (le chakra 7), et légèrement en avant par rapport à lui. Le chakra 7 est le réservoir de grands pouvoirs, et le chakra 6, le point depuis lequel ce pouvoir est distribué.

Certaines traditions recommandent de méditer sur le chakra 6, entre les sourcils ; dans la Bhagavad Gita, le Seigneur Krishna conseille aussi à Arjuna de le faire. Pour une raison bien spécifique: Arjuna était un guerrier lors de la guerre du Mahabharata. Ayant chancelé sur le champ de bataille, il avait besoin de force et d’énergie pour combattre. La région cosmique est le centre de tout pouvoir, et Arjuna avait besoin de pouvoir.

Mais nous ne faisons pas la guerre. Nous menons une vie de famille, et pour cela nous avons besoin d’amour, de compréhension, de compassion et d’empathie, qui sont toutes des qualités du cœur. Plus loin dans la Gita, Krishna dit que le Divin réside dans le cœur de tous les êtres. C’est une indication claire destinée à ceux qui recherchent la réalisation. À ce stade, ils doivent méditer sur le cœur.

J’appelle le chakra 7 Durvasa, parce que, dans l’épopée du Mahabharata, Durvasa était un personnage très puissant et sujet à des accès de rage au cours desquels il maudissait les gens. Du fait de l’énorme pouvoir qui règne dans cette région, nous risquons parfois d’être négligents. Si quelqu’un nous contrarie, nous pouvons, du fait de ce grand pouvoir, nous déchaîner contre lui. Mais si l’amour soutient notre voyage, nous n’agirons pas comme Durvasa. C’est pour que nous soyons conscients de ce risque que j’ai donné son nom au chakra 7. Nous aurons ces pouvoirs, mais le Guide sera aussi là pour nous protéger. Malgré tout, il faut que nous restions attentifs à notre façon de traiter les autres.

En développant notre sensibilité, nous découvrirons la présence de ces pouvoirs immenses qui gouvernent diverses parties de l’univers. Cela dit, ils ne sont pas là pour notre plaisir, ils ne sont à notre disposition que pour le bien universel, la paix universelle – et non pas individuels – ils sont là pour le bien-être de tous.

Atteindre le chakra 7 procure un sentiment d’extase très agréable. On a l’impression d’être arrivé à destination; c’est si séduisant que même les chercheurs les plus sincères s’arrêtent souvent là. Le Guide doit alors nous encourager à avancer. La condition au chakra 7 semble merveilleuse, mais pour un vrai yogi, c’est de l’enfantillage.

Dans la région cosmique, nous devenons vraiment capables de transformer notre caractère en allant de la réactivité à la réceptivité. La réceptivité provient d’un cœur pur et d’un mental équilibré. La transmission harmonise les tendances du mental et change les intentions du cœur. Le moi inférieur devient alors le Moi universel et il passe de l’égoïsme à l’altruisme.

Avec notre motivation et l’aide d’un Guide compétent, nous avançons alors jusqu’au chakra 8. La première moitié de ce chakra se trouve dans la région cosmique, et la seconde est la région supracosmique appelée aussi Para-Brahmanda Mandal. Para signifie « au-dessus », donc, dans ce chakra, nous transcendons la région cosmique et nous ressentons une sorte de fraîcheur, comme celle qu’on peut éprouver en été, lorsque, accablé de soleil, on se baigne dans une eau fraîche.

Ayant transcendé la région cosmique, nous ne sommes plus séduits par le réservoir d’énergie du chakra 7, car nous nous rendons compte de l’inutilité d’accumuler du pouvoir. Nous nous mettons à danser sur un air différent – celui qui affine et transcende tout ce qui a trait au pouvoir, et cela comprend, bien sûr, l’ego.

C’est alors l’humilité qui nous attire, et nous éprouvons le désir de nous abandonner à ce qui nous dépasse. Nous comprenons que c’est avec un cœur suppliant que nous poursuivrons notre voyage vers des régions plus élevées.

On entend souvent dire que le monde est maya, illusion, et nous le ressentons au chakra 8, si bien que nous perdons tout intérêt pour ce qui est inutile. C’est un renoncement qui n’est ni forcé ni imposé, mais qui vient de façon parfaitement naturelle.

Le monde n’est plus un terrain de jeu; il nous apparaît maintenant comme un rêve. Ici tout semble léger. La pensée perd de son poids et on commence à jouir de la paix et du calme. Cette paix a une fréquence différente de celle du chakra 2 du cœur. Elle est véritablement sublime, mais seul le chercheur animé d’un désir ardent de réalisation de l’Ultime peut maîtriser ce point. Pour continuer à avancer, il faut avoir un cœur insatiable, prêt à renoncer à cette paix du chakra 8.

Nous passons alors au chakra 9, et la nouvelle région à laquelle nous accédons exige un niveau de soumission et d’abandon encore plus élevé. En sanscrit, abandon se dit prapanna, et c’est le nom de cette région. Au 9e chakra, l’abandon et l’humilité règnent en maîtres, tels qu’ils sont symbolisés par le Seigneur Krishna au milieu des vaches, et par le Seigneur Jésus-Christ tenant un petit agneau dans ses bras. L’agneau s’y trouve très à l’aise, et tel est aussi notre état. Dans cette humble attitude de prière, la vision de la Divinité est constamment dans notre cœur, et nous la voyons donc tout autour de nous.

Nous avons accepté le monde, et ne ressentons ni attirance ni aversion. Nous sommes entièrement abandonnés, comme Hanuman l’est au Seigneur Krishna dans le Ramayana, et comme les vaches de Krishna et l’agneau du Christ. Le nom de Hanuman reflète sa nature : maan signifie « honneur et respect », et hanu, « sans ». Il ne demande aucun respect, aucun honneur. J’ai donc donné à ce point le nom du Seigneur Hanuman. Au 9e chakra, il s’agit de plus en plus du Seigneur, et de moins en moins du soi individuel.

Le cœur acquiert une immense pureté. Un réel attachement prend forme, chaque instant est imprégné de l’Être du Seigneur et nous regrettons tout moment passé en dehors de cette communion. C’est en fait la signification originelle du péché: être séparé de cette noble communion avec le Seigneur. Nous demeurons absorbés en Lui de façon naturelle, sans effort, et nous reposons dans un état d’abandon.

Quand nous approchons la Divinité à ce stade, il n’y a plus non plus d’illusion. Nous faisons face aux difficultés avec courage, respect et vénération, et tout sentiment d’antipathie ou de haine est trop lointain pour que nous nous en inquiétions. Dans ces hautes sphères, les jeux de l’ego peuvent être atroces, mais si nous parvenons à les dissiper, une extraordinaire félicité nous est accordée. Et nous ne pouvons les dissiper que lorsque nous avons commencé à fusionner avec l’Ultime.

À ce stade, si nous nous croyons le moins du monde supérieur à qui que ce soit, nous sommes rejetés dans les ténèbres, et là nous comprenons que rien ne peut nous punir davantage que notre propre conscience. Même la pensée d’un accomplissement, ou l’évocation de notre lien avec le Bien-aimé, semblent arrogantes et vaines. La brise de la conscience divine commence à
souffler. Le sentiment de la suprématie du Seigneur est noyé dans l’amour. Nous avons une impression de parfait naturel. La vénération envers le Seigneur s’impose tout simplement.

À ce chakra nos pensées et notre volonté sont synchrones avec celles de notre Guide, nous nous sentons totalement dépendants de lui, en osmose avec lui, et notre amour pour lui est intense. Le monde ne nous semble ni réel ni irréel. Notre conscience individuelle fusionne avec celle de notre Guide.

Dans la vie quotidienne nous nous demandons : «Que ressentirait mon Seigneur si je faisais ou ne faisais pas ceci, si j’avais telle pensée ou tel comportement ?» Nous devenons ultra sensibles à tout cela au 9e chakra, alors imaginez le niveau de respect et de vénération nécessaire pour voyager jusqu’au 10e, qui est le lieu où règne le Seigneur ! Cette attitude de «que ta volonté soit faite», nous nous y préparons en fait dès les tout premiers stades du voyage spirituel. Elle est indispensable pour ancrer celui-ci solidement, en le fondant sur la foi.

Au chakra 9, nous nous abandonnons au Seigneur. Au 10e, un changement intervient, nous nous trouvons dans une extrême proximité avec Lui. Nous accédons à une nouvelle région et ce qui se joue là, c’est que le Seigneur règne en nous à la mesure de notre abandon. Nous oscillons entre notre propre présence en tant que dévot, et Sa présence totale. Cette condition d’oscillation est une région appelée Prapanna-Prabhu.

À mesure que nous traversons cette région, nous commençons à sentir que nous ne faisons qu’un avec le Seigneur, il n’y a plus de différence entre nous. Tout ce qu’il possède est à nous. Ce n’est pas que nous possédions le monde, c’est comme se trouver dans la condition d’un prince: tout ce que contient le palais appartient au roi, et nous avons l’impression que cela nous appartient également. De même, il n’y a aucun sentiment de séparation. Pour finir, le Seigneur l’emporte souverainement dans ce jeu d’oscillation, et nous continuons notre voyage vers la région suivante, Prabhu.

Nous y ressentons si profondément la présence du Seigneur que nous nous trouvons dans une inimaginable intimité. Si nous levons la main, nous sentons que c’est la main du Seigneur ; c’est par Ses yeux que nous voyons. Ce stade est magnifique. Et il advient encore quelque chose de très beau: nous sommes devenus tellement identiques au Seigneur et à notre Guide que nous sommes capables de répandre leurs vibrations. Nous devenons des véhicules, comme le bois de santal. Que fait celui-ci? Quand le vent traverse une forêt de bois de santal, sa fragrance se répand partout. Il se passe quelque chose de semblable quand nous demeurons absorbés en Dieu.

C’est alors un stade où le Seigneur se fond en nous, si bien que Ses vibrations émanent de nous. Telle est la beauté du 10e chakra. Et pourtant nous devenons de plus en plus impatients. Nous explorerons cette impatience et le reste du voyage spirituel dans le prochain numéro, avec le dernier article sur notre marche vers la liberté.

 

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