Une approche integrative de la guérison 2ème partie

Une approche integrative de la guérison


Dans ce deuxième entretien, LUKE COUNTINHO et SAMARA MAHINDRA nous parlent du rôle de la méditation dans le processus de guérison, de l’importance de l’alimentation, et de l’assimilation de la nourriture au niveau cellulaire.
QCest avec plaisir que nous vous retrouvons, Luke et Samara. Vous travaillez tous les deux dans le champ de la médecine intégrative et du mode de vie. Lors de notre dernier entretien,vous avez commencé à nous parler de la meditation et de son rôle en médecine holistique. Luke, pouvez-vous nous en dire plus ?

Autrefois la méditation me faisait peur, parce que je n’en savais pas grand-chose. Je pensais qu’il fallait s’asseoir en tailleur, et comme je n’y arrive pas, je n’ai jamais voulu essayer. Plus tard j’ai découvert que je peux être assis, debout, méditer, vous parler… C’est merveilleux, quand on s’y met, de découvrir à quel point les choses peuvent être simples.

J’ai commencé par deux minutes de méditation. Je n’ aurais jamais cru que je parviendrais à faire taire mon mental, et aujourd’hui une heure de meditation parfois ne me suffit pas. Pour moi, cela fait partie intégrante du processus de guérison.

Q Et vous, Samara ?

Je pense qu’il y a beaucoup de préjugés au sujet de la méditation. Comme Luke, j’ imaginais que je devais me comporter d’une certaine façon, ne pas avoir de pensées, me concentrer, etc. Mais, en effet, ce n’est pas comme ça. A un certain moment, je me suis mise à méditer en m’efforçant de trouver mon espace, mon unité intérieure, le calme, mais je n’y arrivais pas. Puis il s’est passé la même chose que pour Luke, j’ai découvert la méditation Heartfulness. Je me souviens de ce qu’un médecin de l’équipe de soins Heartfulness m’a dit : « Dans ce type de méditation, il n’y a pas d’animateur, on peut aller dans l’espace intérieur de son coeur n’importe où, n’ importe quand.On n’a pas besoin de musique, ni de la voix d’une autre personne, ni de rien. On n’a qu’à plonger dans son espace intérieur. »

Je me suis donc mise à intégrer la méditation dans ma vie, et j’ en vois tout l’impact. Il se produit des changements physiologiques. Beaucoup de gens pensent qu’il ne s’agit que du mental, mais il y a vraiment des changements physiques. La méditation est donc un élément très important de la guérison.

Il y en a d’autres, comme l’accompagnement psychologique. L’Inde est encore novice dans ce domaine, les gens ont beaucoup de préjugés à ce sujet. Pourtant, parler des difficultés que l’on traverse peut vraiment aider sur le plan émotionnel, nous intégrons donc l’aide psychologique au processus de guérison. La yogathérapie est aussi une forme de médecine psychocorporelle.

 Q Cest ce que le terme « yoga » signifie, n’est-ce pas, l’intégration complète de l’esprit, du corps physique et de l’âme ?

Exactement.

 Q  Changeons de sujet et parlons de l’alimentation et de l’Inde. Les deux vont de pair, puisque la nourriture y joue un rôle essentiel. Traditionnellement, on y détermine l’alimentation en fonction de la santé – comme choisir des épices et certaines huiles pour leurs effets spécifiques sur la santé. Luke, comment utilisez-vous ces connaissances dans les programmes thérapeutiques proposés à vos patients ?

Qu’est-ce qui fournit de l’énergie à la cellule, en plus de l’oxygène ? Principalement la nourriture. Quand on lui fournit l’énergie adéquate, la cellule peut remplir ses fonctions.

 

Revenons à la maladie. D’où vient-elle ? Je serais tenté de dire qu’elle vient du mental, mais c’est un tout autre débat. Elle prend naissance dans chacune de nos cellules. Le cancer part d’une cellule. Le diabète, l’insensibilité à l’insuline, sont dus à la faiblesse d’une cellule déséquilibrée au niveau énergétique. Et qu’est-ce qui fournit de l’énergie à la cellule, en plus de l’oxygène ? Principalement la nourriture. Quand on lui fournit l’énergie adéquate, la cellule peut remplir ses fonctions.

Nous sommes tous composés de milliards de cellules, toutes orchestrées en un système intelligent,génial même, qu’on appelle immunité. Chaque cellule est impliquée. En ce moment même, pendant que nous parlons, des centaines de milliers de cellules sont en train de mourir et d’autres se multiplient rapidement, vivent, se régénèrent et combattent d’autres cellules.

Pour cela, elles ont besoin d’énergie. Quand on apporte les bons nutriments à la cellule, son immunité est renforcée, et inversement lorsque ceux qu’on lui fournit sont inadaptés, son immunité diminue. Tout dépend donc de la nourriture. Pas tant de ce qu’on mange que de la façon dont le corps l’assimile. Beaucoup de gens mangent bio et ont quand même un cancer, ou suivent un régime strict et sont maladies malgré tout, parce ce que le problème n’est pas lié à ce qu’on mange, mais à son assimilation par le corps.

L’assimilation est un processus physiologique et psychosomatique.

Nous avons tous un deuxième cerveau, appelé système nerveux entérique, qui régit notre intestin.

L’ assimilation est un processus physiologique et psychosomatique. Nous avons tous un deuxième cerveau, appelé système nerveux entérique, qui régit notre intestin et repère les différents aliments, leur  assimilation, etc. Revenons maintenant aux épices et aux aliments indiens. Ils sont nombreux à être des médicaments : le grain de poivre, le curcuma, le gingembre et l’ail, pour n’en citer que quelques-uns.

Pourtant, si je disais à mes patients « mangez-en et vous serez en bonne santé », ils le feraient mais ne guériraient pas. Pourquoi ? Parce qu’il existe quelque chose qu’on appelle la biodisponibilité. On pourrait croire que manger un morceau de curcuma, qui a des vertus anti-inflammatoires, va atténuer sur le champ une douleur, mais cela ne se passe pas ainsi. Le système digestif doit d’abord le décomposer et l’assimiler pour qu’il puisse passer dans les cellules. Ensuite les cellules ont des fonctions métaboliques, physiologiques et chimiques qui prennent le relais.

Manger une nourriture saine est loin de suffire. Il faut également bien combiner les aliments. Quand on mange du curcuma, pour reprendre notre exemple, on doit lui ajouter de l’huile de noix de coco ou du beurre clarifié, des acides gras à chaîne moyenne, qui transportent jusqu’aux cellules les nutriments du curcuma. Il faut aussi mettre un peu de poivre noir, car la pipérine qu’il contient aide les cellules à assimiler le curcuma. Et l’ail, par exemple : on peut en mettre tant et plus dans nos plats, la chaleur le tue. Mieux vaut le manger cru et écrasé, pour que l’allicine, l’ingrédient actif qu’il contient, soit activé et produise à son tour d’autres composés sulfurés.

Il y a donc une science derrière l’alimentation. L’ Ayurveda en parle, les Vedas en parlent et maintenant on en parle aussi en Occident. En fait, la plupart de mes patients occidentaux consomment plus de nourriture indienne que les Indiens eux-mêmes !

Ce qui est magique, c’est que toutes ces préparations peuvent se faire à la maison. Par exemple celles qui renforcent l’immunité. Si vous avez un cancer, un rhume ou une toux, vous faites bouillir de la cardamome, du gingembre et du poivre noir, vous ajoutez un peu de cannelle et vous sucrez avec du miel bio ou du jaggery – et voilà votre immunité boostée ! En fait, c’est tout simplement revenir aux principes de base de la nourriture en tant que médecine. Tout est une question de combinaison.

Il existe aujourd’hui une foule de complements alimentaires dont l’Occident fait mauvais usage, en promettant des choses qui ne marchent pas. « Prenez trente grammes de protéines par jour et vous ressemblerez à Arnold Schwarzenegger. » Mais le corps ne peut pas assimiler 30 grammes de protéines d’un coup. Il vaut mieux espacer les prises sur une plus longue période. Les médias aussi nous recommandent  de prendre des multivitamines et du calcium tous les jours. L’Inde et les États-Unis sont les plus gros consommateurs de calcium et de produits laitiers au monde et c’est là qu’on trouve les taux d’ostéoporose les plus élevés de la planète !

Les compléments alimentaires ont malgré tout du bon. J’en prescris à mes patients, surtout des formules à base de plantes. J’aimerais ne pas avoir à le faire, mais l’appauvrissement des sols est tel aujourd’hui que nos aliments ont des teneurs en minéraux et en nutriments bien plus faibles qu’autrefois. Lorsque des légumes arrivent dans notre cuisine, après avoir subis divers traitements chimiques et un transport plus où moins long, on a l’impression d’avoir une salade bien saine, mais elle n’a peut-être plus aucune valeur nutritive.

On doit donc trouver des plantes et des herbes aromatiques de bonne qualité pour préparer des formules qui peuvent être assimilées. Et il y a encore autre chose : une capsule de curcumine équivaut à vingt-deux cuillères à soupe de curcuma additionné d’huile et de poivre noir. Est-il possible de concocter ça tous les jours quand on est malade ? Non, mieux vaut prendre un comprimé qui est élaboré de telle façon que le corps l’assimile entièrement.

Il faut donc utiliser des compléments, comme l’Inde l’a toujours fait. Les formules du système scientifique de l’Ayurveda existent depuis plus de 5000 ans et on n’a jamais cessé de les utiliser. Il n’y a donc aucune raison de craindre de prendre des compléments naturels parallèlement aux médicaments allopathiques.

Quant aux huiles, beaucoup d’entre nous s’empoisonnent lentement en ne consommant pas les bonnes. Nous pouvons nous passer de sucre plusieurs jours de suite, mais notre système a besoin d’huile. Autrefois, les Indiens consommaient les meilleures huiles qui soient – d’arachide, de moutarde, de noix de coco, etc. – et les maladies chroniques que nous connaissons aujourd’hui n’existaient pas. Nous devons réapprendre quelles huiles choisir pour notre alimentation et comment les utiliser.

A suivre.


Pour en savoir plus

Rendez-vous sur les sites samaramahindra.com et lukecoutinho.com, régulièrement mis à jour avec de nouveaux articles, programmes santé, témoignages, vidéos…, ainsi que sur les réseaux sociaux.


 

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